Farah Atassi, le talent qui saute aux yeux

The Painter II
The Painter II

Le vernissage, c’est tout un art. Avouez-le, il vous est arrivé d’y aller pour des raisons sans rapport direct avec l’amour de l’art. Certains s’y rendent pour s’occuper avant une soirée, pour rejoindre des amis, pour faire plaisir à l’artiste, pour boire du Champ’ gratuitement, pour se donner bonne conscience, pour se faire repérer par le galeriste, pour « pécho »,  pour ne pas déprimer  devant « N’oubliez pas les paroles » ou le match sulfureux  Angleterre-Russie, pour le boulot, pour se donner l’illusion d’une vie épanouie, pour être sur la photo, parce qu’ils passaient par là, parce qu’ils avaient une petite faim, pour poster un statut Facebook, pour alimenter leur compte Instagram, pour twitter « j’y étais » ou  pour porter la robe de cocktail qui ne pouvait se porter nulle part ailleurs.
Mais lorsqu’on se trouve devant une toile de Farah Atassi, on sait exactement pourquoi on est venu. Ses œuvres nous font immédiatement regretter d’avoir choisi des études littéraires  plutôt que Maths Sup pour embrasser une carrière de trader et se payer un immense loft, avec 5 mètres de hauteur sous plafond, de grands murs immaculés, et tout cela  UNIQUEMENT dans le but d’y accrocher quelques unes de ses œuvres.

Je laisse aux critiques d’art le soin de faire la bio de l’artiste, la synthèse de son parcours fulgurant et l’analyse de son style. Si je dois résumer Farah (que je ne suis pas peu fière d’appeler par son prénom), je dirais simplement qu’elle est bosseuse puissance 10, vouée corps et âme à son travail depuis ses débuts aux Beaux Arts, ce qui explique son talent. Cela saute au yeux, on est même saisi par l’évidence. Ses grands formats cosmopolites aux  formes géométriques, aux motifs presque numériques,  évoquent de grands noms de la peinture tout en étant résolument actuels.
Le fait de conclure cette chronique à 3h04 du matin – après ce vernissage et une soirée bien arrosée à la terrasse du Charlot – suffit à prouver que cette artiste, aussi irrésistible qu’incontournable,  sait maintenir  les consciences éveillées.  Elle pixelise nos nuits blanches.

Exposition jusqu’au 30 juillet 2016
Galerie Xippas, 108 rue vielle du Temple, 75003 Paris

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