Laeti Coco : l’onirisme est dans la texture

J’ai rencontré une fille qui transforme la matière en songe

cristal-de-rocheQuoi de plus beau que l’inutile? Observer un échantillon de cristal de roche peut m’embarquer jusqu’aux  paysages souterrains de Jules Verne. Une fois par an, au printemps, j’ai un rendez-vous amoureux sur l’Île Saint-Louis à Paris. Certes, j’en profite  pour déguster un cornet de glace Berthillon (parfums noisette ou fraise des bois conseillés), mais je passe aussi chez Carion Minéraux. Là, pyrites étincelantes,  fluorines vertes, quartzs ou petits fossiles deviennent mes objets de désir ; de petits morceaux de rêve qui tiennent dans la main. Mais récemment, mon rêve s’est étendu. Il est sorti de terre. J’ai rencontré une magicienne des temps modernes qui manie les poudres secrètes et les pigments enchanteurs. Une alchimiste qui collecte, classe, mélange, broie, malaxe, transforme et reconstitue la matière pour obtenir des textures aussi tendance qu’oniriques.

Secrets de fabrication

Dans son atelier du 13ème arrondissement à Paris, Laetitia Severac les façonne pour créer des objets expérimentaux, décoratifs et parfois même utilitaires, véritables sésames du souvenir et de l’imaginaire.  Elle a par exemple le pouvoir de matérialiser la quintessence de l’été  (« Piscine », collection Anno) ou de transformer le lait en plastique à l’aide de mystérieux procédés chimiques (« Lait », collection Anno). Elle a eu l’idée saugrenue de mixer résine et coquilles d’œufs de caille pour en faire des coquetiers au design épuré. Elle crée des perles inédites (« Diabolo ») pour le prêt-à-porter ou la haute couture, des textiles aux impressions minérales (foulards Granit), des installations ou des scénographies abstraites et harmonieuses qui rappellent des paysages (« Bretagne »).

Le talent se partage

Cette fée des matières, diplômée de l’ESAA Duperré et de l’ENSAAMA Olivier de Serres (Arts appliqués et Métiers d’art) maîtrise aussi la céramique, le tissage, le travail du bois et de la peinture. Alors avis aux designers, stylistes, décorateurs, bijoutiers ou autres directeurs artistiques avertis: ruez-vous sur le compte Instagram de Laeti Coco. Un album aux couleurs pastel, graphique et alléchant, qui condense le fruit de ses recherches et qui a déjà convaincu certains créateurs ( Suprême Bon Ton, Cécile Feilchenfeldt…). Croyez-en mon radar à talents, Laeti Coco sera bientôt trop demandée. Et chut, elle prépare une installation encore secrète qui sera exposée le 21 juin chez Kyandi, une pâtisserie « fusion » située au 124 avenue de Choisy dans le 13ème à Paris.
Vous l’aurez compris, qu’ils soient inutiles ou pas, les jolis talismans de Laeti Coco sont des condensés de réminiscences, fabriqués comme par magie. De quoi s’éclipser un moment du flux tragique de l’actualité. Ça tombe bien, j’avais promis un peu de légèreté pour votre pause café.

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