Les trois-quarts de l’année ne servent à rien

C’est la rentrée mais vous n’arrivez pas à vous projeter? Admettez tout simplement que les trois-quarts de l’année sont totalement inutiles. Certains mois mériteraient même d’être rayés du calendrier. La preuve par 12.

Carnets Papier TigreSeptembre : on s’excite autour d’un cahier qui sent bon le neuf et on s’octroie le droit  de se refaire une garde-robe sous prétexte de « rentrée ». Tonalité bleue marine de rigueur. Ces achats IN-DIS-PEN-SABLES nous donnent l’impression que l’année recommence ici et maintenant ( et non le 1er janvier, jour de Gueule de Bois Nationale). Un peu à l’étroit dans nos souliers flambants neufs, on a pris de bonnes résolutions. C’est presque une nouvelle vie qui s’annonce et cette fois, on ne transigera sur rien… TU PARLES. La réalité c’est que vous réveiller le matin quand il fera encore nuit ne vous comblera jamais de joie, et qu’un jour ou l’autre, vous vous surprendrez à regarder NRJ12, affalé sur le canap’ avec un pot de Nutella dans une main et une cuillère dans l’autre. Par ailleurs, vous avez évidemment oublié de vous inscrire aux cours de permaculture pour répondre à votre profonde quête de sens et créer votre fameuse ferme bio dans le Lubéron.

Étant entendu que le bien-être ne peut exister que lorsque  les mois en « r » (de septembre à avril) sont définitivement révolus et que la météo hexagonale redevient enfin décente, établissons la liste de ce que l’année nous réserve durant les prochains mois :

suicideOctobre : votre découvert autorisé vient d’être allègrement dépassé. Impôts, assurances, mutuelles et prélèvements automatiques finissent d’achever votre bel élan de rentrée.  Vague de suicides imminente.

Novembre : le joli mois du chrysanthème. Activité jardinage : on rempote au cimetière. Et oui, c’est la Toussaint et son ambiance d’enclume. L’idée (lumineuse), est de célébrer la mort. On pleure  les défunts (dont ceux qui se sont justement suicidés en octobre). Mais quoi de mieux  pour se remonter le moral qu’un petit barbecue entre amis? Ah non, pardon… ça y est il fait gris, humide et froid. En plus le lave-vaisselle vient de vous lâcher.

pere-noel-est-une-ordureDécembre : c’est quitte ou double. Soit vous faites partie de ceux qui vont au marché de Noël en famille en arborant pull jacquard et sourire de circonstance, soit vous faites partie du clan Festen. Dans ce cas, vous risquez de ressentir ce mélange d’angoisse et de nausée au rayon  parfumerie d’un grand magasin bondé, la veille d’un repas de réveillon qui finira inévitablement en dépression nerveuse. En plus, vous aurez pris 4 kilos et vous serez obligé d’attendre les soldes pour vous racheter un jean deux tailles au dessus. Le point positif ? La soirée du nouvel an. Vous savez, le jour où on s’oblige à faire la fête (et où on a honte le lendemain).

boringJanvier : donc ça commence par une gueule de bois venue des ténèbres de l’enfer. Puis, on lit son horoscope annuel et l’espoir renait. On va devenir quelqu’un d’autre. Quelqu’un de sain, de sportif, de « successful » (il n’y a pas d’équivalent en français, ce qualificatif n’ayant jamais eu d’utilité à la Poste, la SNCF ou France Télécom). C’est seulement autour du 25 janvier qu’on réalise :  il était question d’arrêter l’alcool pour toujours non? Ah merde. Oups, on paie depuis plus d’un an cet abonnement à la salle de sport qu’on avait visité une fois à la rentrée. Et puis c’est con, on n’a toujours pas osé négocier la moindre augmentation de salaire… et au fait, c’est moi où on s’ennuie ferme là?

verglasFévrier : On aime bien ce mois parce qu’il ne dure que 28 jours au lieu de 31 mais on ne sait ni pourquoi, ni ce que ça change. Et puis Top Chef et la Nouvelle Star reprennent. Mais soit vous faites partie des chanceux (c’est à dire les riches) qui vont aller rider de la puff « aux sports d’hiver », soit vous vous rabattrez sur la joie simple ne pas avoir glissé sur le verglas marron qui jalonne le chemin du bureau, et ce, grâce à vos bonnes vielles Ugg fourrées qui – soit dit en passant – ne vous donnent en aucun cas l’air d’un petit inuit mignon. Attention, votre voisin qui vient tout juste de vous éternuer au visage (via son nez-betterave) a une grippe carabinée. Ça serait tellement dommage de passer les vacances d’hiver avec 39 de fièvre comme l’année dernière…trop tard!

Mars : le mois qui se fout ouvertement de votre gueule en faisant croire que c’est le printemps.

grêlonsAvril : plus honnête, il prévient d’avance. Ne te découvre pas d’un fil sinon tes vacances de Pâques aussi vont se résumer à des sessions de mouchage intensif devant Netflix sous la couette (au fait, quel est le con qui a inventé les Kleenex à l’eucalyptus qui embrasent littéralement les nasaux?). Avril est aussi le mois de mon anniversaire, alors on lui pardonne, on fait profil bas sous les grêlons et on mise tout sur les ponts du mois de mai.

Mai – juillet : Enfin une période qui vaut le coup. Ça fleure bon le muguet et la transpiration. On « pose des jours », on « fait le pont », on trucide son voisin pour une place au soleil en terrasse, on étoffe son compte Instagram à l’aide de perches à selfies (tout en espérant susciter une certaine jalousie collective) et le reste du temps on fait semblant de bosser. En plus, on peut enfin plaquer le boulet qui nous sert de conjoint pour l’hiver. Les jupettes sont de sortie, c’est la saison des amours… et des enfants des autres qui font trop de bruit autour de la piscine. Au fait, quelqu’un peut me mettre de la crème dans le dos? Personne?

inondationAoût : « J’adore le mois d’août à Paris » est une phrase courante qui prouve que tout le reste de l’année est extrêmement relou dans la capitale. Le mois d’août a l’air effectivement très sympathique à première vue mais en réalité, la moitié de la France appelle son assurance. Au menu, un large choix d’incendies, d’inondations, de catastrophes naturelles ou de cambriolages se feront un plaisir de foutre en l’air votre été, voire votre vie dans sa globalité. Ceux qui passent huit heures à l’arrêt dans un embouteillage de 600km  sur l’A6 seront les plus chanceux. Ce mois estival qui sent bon le monoï et la tong d’allemand défraichie s’achève de surcroit avec la pré-rentrée, moment de l’année totalement stérile où la canicule s’abat sur des êtres apathiques, errant au rayon des  fournitures scolaires dans les supermarchés. Une période totalement improductive donc, qui n’a d’autre but que de vous faire regretter amèrement les vacances ainsi que tous vos choix de vie en général. Allez salut!

hashtag droopy

il fait chaud

 

 

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