Entrez dans le monde végétal et poétique de l’artiste Duy Anh Nhan Duc

Portrait Duy Anh Nhan Duc © Enzo Orlando

version française de mon article pour Garden Collage

Duy Anh Nhan Duc, artiste d’origine vietnamienne installé en France, met en scène la nature à travers des œuvres végétales d’une poésie et d’une délicatesse particulièrement émouvante.

Pour le plasticien Duy Anh Nhan Duc, l’univers végétal est une véritable religion. « Mon travail est un moyen pour moi d’exprimer et de partager ma conscience à la nature et l’immense respect que j’ai pour elle » nous confie-t-il. Cet été, un parterre de douze mille pissenlits en fleur a envahi la chapelle du XIIè siècle du Centre d’Art de Châteaugiron qui accueillait son exposition Hope en Bretagne. « C’était une invitation à se connecter avec la nature dans un lieu qui incite à la communion, explique l’artiste. C’est cette connexion, ce lien que je souhaite faire partager au travers de mon travail. Ma volonté était que la nature puisse renouer avec son caractère sacré ».

Source première d’inspiration, cette nature bienveillante, protectrice et nourricière lui offre une vaste palette d’expression. Graines, fleurs, branches, écorces, feuilles, épines, s’agencent avec une telle sensibilité, une telle subtilité, que l’ensemble saisit le spectateur, évoquant la beauté et la fugacité de l’instant. Parfois, ce monde végétal prend aussi la forme de créatures hybrides. Sa collaboration avec la photographe Isabelle Chapuis avait donné naissance à deux séries marquantes, Dandelion et Etamine. Sur les photos, « le végétal se pose sur les visages et les corps comme un voile délicat. Une osmose éphémère entre l’humain et la nature qui donne à voir la fragilité de leur lien » décrit-il.

Isabelle Chapuis et Duy Anh Nhan Duc

Si ses œuvres géométriques et organiques sont si évocatrices, c’est parce qu’elles convoquent en chacun de nous une part d’enfance qui nous relie à la nature. « Un simple trèfle nous rappellera des chasses aux trésors interminables de trèfles à quatre feuilles, ou les fines ailes de samares d’érable qu’on s’amusait à faire tournoyer comme des petites hélices. Et bien évidemment le pissenlit qui tient une place toute particulière dans mon travail. Peu importe qui on est et d’où l’on vient, il a un pouvoir de réminiscence fort sur chacun d’entre nous. Devant lui, on est rattrapé par un plaisir simple de l’enfance, celui de souffler dessus pour voir s’envoler ses milliers d’aigrettes.  ».

Sa dernière collaboration avec la prestigieuse société Christie’s, dans le cadre d’une vente dédiée à l’Art et au Design asiatique, a été l’occasion de mettre en lumière sa fleur de prédilection avec la création du bougeoir Dandelion Light. Duy Anh Nhan Duc la mettra une nouvelle fois à l’honneur lors de sa prochaine exposition au Domaine de Chaumont-sur-Loire, « lieu incontournable en matière d’art végétal », qui fêtera en 2018 les 10 ans de son festival d’art contemporain. Une occasion de découvrir ses installations qui donnent à admirer différemment les trésors qu’offre la nature, ces « déclencheurs d’émotion qui réveillent notre enfant intérieur».

Isabelle Chapuis et Duy Anh Nhan Duc

Crédits photo exposition « Hope » : Maxime Lenik / portrait Duy Anh Nhan Duc : Enzo Orlando /  série « Dandelion »  : Isabelle Chapuis
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